Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Séguié christian

De la Charte Nationale des Bois à celle de la Vallée de l'Agly

19 Novembre 2016 , Rédigé par Séguié christian Publié dans #Présentation, #press'cat, #charte des bois

Depuis une semaine, une personne n'a prêter la charte des bois de la vallée de l'Agly. Bonne idée de que cette lecture. J'ai pris le temps de tout lire, et voici ce qui sera mon troisième article sur ce sujet.

Voici l'un des documents.

Voici l'un des documents.

De la charte Nationale à celle de la vallée de l'Agly.

En avril 2015, une charte nationale a été réalisée avec un élu de gauche et un autre de droite, qui a fait consensus. Ils ont fait des constats clairs dont on ne peut que féliciter le travail.

En quelques mots la France est le 3ème pays en matière d'espace forestier avec 31 % du territoire français, mais ne se classe que 8ème pays européen pour l'industrie du bois. Ce qui fait que la France n'est pas la puissance forestière qu'elle pourrait être. Et pourtant pas moins de 910 millions d'euros par an seraient consacrés à la filière. Sous oublier que de l'autre côté l'économie « forêt-bois » représente 10 % du déficit total de notre balance commerciale, soit environ 6 milliards d'euros par an. Au total, la filière forêt-bois française emploie environ 440 000 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 60 milliards d'euros par an, soit près de 3 % du PIB (données 2012). Les deux rapporteurs sont clairs, la majorité de nos espèces d'arbres ne correspond pas à la demande en bois des marchés les plus porteurs. Alors, pourquoi ? Économie peu cohérente ? Beaucoup de questions se posent ?

En 1966 a été crée l'ONF, l'Office national des forêts est un établissement public industriel et commercial (ÉPIC) dont la situation financière reste fragile.

Après le constat, « objectif de valorisation économique des forêts. » (source au nom de la commission des finances sur l'enquête de la Cour des comptes relative aux soutiens à la filière forêt-bois, Par MM. Alain HOUPERT et Yannick BOTREL, Sénateurs.)

Après le constat national, ils ont demandé à chaque territoire de faire une charte des bois et la vallée de l'Agly n'a pas dérogé à la règle, une charte vient de voir le jour.

Mais avant de revenir sur le travail des élus locaux, voici un autre constat, celui de Christian Séguié artisan menuisier ébéniste de Montner, artisanat d'art et utilisant beaucoup d'essences de bois rares et précieux. Il est aussi correspondant de presse et a été invité à la conférence de presse par les deux rapporteurs au Sénat.

Avant de continuer, la forêt permet économiquement de donner : du bois de chauffage, du bois énergie (en forte hausse), du bois de charpente, du bois de palettes, du bois pour le bâtiment, du bois d'ameublement et du bois pour les artistes. Sans oublier la fabrication de la pâte à papier.

Et en tant qu'artisan menuisier ébéniste et artiste, je pense que le problème vient du manque de dialogue dans la filière et que certains ne prennent pas de risque, pâte à papier, bois de chauffage, bois de palettes … en bref tout le bois qui se vend facilement, mais qui ne rapporte rien. Alors que les bois du bâtiment ou d'ameublement viennent pour la plupart hors de France, alors qu'ils coûtent plus chers, même si faire pousser les arbres est plus long.

La gestion en question, qui fait, qui prend les risques, ce sont des points souvent sans réponses.

Histoire d'avant, la menuiserie de Montner date de 20 ans et avant un autre menuisier était en place au village. Par le pur des hasards les deux travaillaient avec le même fournisseur, en 50 ans le nombre d'essences a énormément chuté avec une vingtaine en moins, dont le noyer, le merisier pour n'en citer que deux.

Actuellement, pour avoir du noyer français, les revendeurs peuvent en avoir mais à des prix improbables, il faut presque louer un camion, faire l'aller et le retour, pour avoir moins cher, et de qualité « ébéniste ». Mais restaurer un meuble en noyer fait aujourd'hui plus perdre d'argent qu'en gagner. Le bois existe, les scieries les coupent, les classent, et après plus rien ! C'est désespérant !

Maintenant place à la "charte des bois" locaux, je n'ai pas été invité à y participer, alors qu'une réunion, s'est fait à 100 mètres de l'atelier. (sans commentaire ! Quand on sait que j'ai été invité au Sénat !)

Alors, après la charte nationale, chaque secteur doit faire une charte locale. La vallée de l'Agly comme les autres a édité un dossier, sous la direction de Pierre Estève président de l'association du pays de la vallée de l'Agly et président du comité de pilotage de la charte forestière de la vallée de l'Agly.

En trois points, une fonction économique, sociale et environnementale, une stratégie forestière pour les 5 prochaines années. La vallée de l'Agly ce sont : 34 communes, 69000 ha dont 1/3 de forêt, pour une altitude comprise entre 0 et 1 300 mètres d'altitude. On trouve dans ce secteur en majorité sur la plaine du Roussillon 95 % de feuillus (chêne pubescent, robinier ou acacia), en Corbières méridionales 58 % et Fenouillèdes 86 % de feuillus (chêne vert et pubescent).

Ensuite on a un inventaire des bois : châtaignier, cèdre le l'Atlas, cerisier, les chênes lièges, pubescent, vert, sessile – hêtre, orme, peuplier, les pins d'Alep, laricio, maritime, noir d'Autriche, pignon, sylvestre - robinier (acacia) et le sapin pectiné.

Ce constat oublie complètement les bois fruitiers (olivier, pêcher, abricotier, …) ou genévrier très utilisé en antimite par exemple et la vigne pour les manches de couteaux … . Pourtant les ébénistes comme beaucoup d'artistes sur bois cherchent ces essences.

Ils nous disent qu'il faut utiliser les bois locaux, très bien, mais il n'en existe pas pour nous, et pour cause la vallée de l'Agly est dans un lieu très venté, avec la tramontane, les arbres ne montant pas, l'utilisation du bois n'est pas riche hormis sur les classiques bois de chauffage.

Mais notre région regorge des bois rares, et de très bonne qualité, mais pas un mot (peut-être que l'absence des professionnels se remarque, la vallée ce sont 100 emplois ce qui montre la faiblesse du secteur), regardons la vallée de la Têt en comparaison ? (c'est l'autre fleuve du Roussillon).

Si je passe sur la partie écologique et les risques bien présents dans la charte, la tempête Klaus en 2009 le montre bien, si la tempête fait tomber les arbres, le manque de structure donne une catastrophe de plus, les grands arbres n'auraient pas dû pourrir sur place, pas de stockage, pas de sciage, cela a produit la pourriture et ... a augmenté le risque d'incendie (bien remarqué en 2016)

Mais on me dira justement que trop de bois étaient sur le marché lors de cette terrible tempête, alors oui, mais la force de cette vallée, ce n'est pas le chêne, ni les autres bois classiques qui sont dans le bâtiment ou l'ameublement, mais bien les bois rares et précieux qui sont recherchés et qui ne sont pas actuellement sur le marché, cela aurait été une bonne occasion de commencer sur un marché oublié.

En bref rien de nouveau, créer des entreprises en oubliant d'aider les existantes, aucun appui sur les structures en place, tout ceci va donner bien du temps pour qu'il en sorte la moindre chose d'utile, enfin à titre personnel, j'espère que des changements viendront.

Parler des bois locaux c'est aussi donner une preuve, demander si nous somme prêts a les acheter, nous artisans, la question ne se pose pas encore et ne peut donc avoir une réponse. Cela montre bien que la tâche est grande dans les mois qui suivent.

De la Charte Nationale des Bois à celle de la Vallée de l'Agly

Et pendant ce temps-là, l'atelier de menuiserie se prépare, l'exposition de l'Entre-Fêtes arrive et ouvrira ses portes le 20 décembre. Depuis 9 ans maintenant trois thèmes sont vedettes, l'artisanat d'art avec les tabletteries, les outils anciens et la présentation des bois .... en voilà un thème bien en rapport avec l'article.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

marine D 30/11/2016 07:46

Protéger la forêt, toutes les forêts c'est un beau très beau programme !
Bonne journée Christian

lemenuisiart 30/11/2016 15:44

La protection passe aussi par son exploitation, sans argent on ne peut rien faire. Mais tout doit être fait avec un peu d'intelligence.

covix 19/11/2016 15:10

Bonjour,
Et pourtant on nous venet que la forêt est plus dense que celle du 19e siècle, elle se repeuple, mais comme toujours, le regard se fait par le mauvais côté de la lorgnette.
Belle article.
Bonne journée
@mitié

lemenuisiart 19/11/2016 16:05

La comparaison est compliqué, car le matériel est bien mieux, mais pour faire moins dans la qualité. Mauvaise décision des dirigeants, aucun dialogue, et on voit le résultat, certains territoire fonctionne bien et d'autres sont catastrophiques.

Sirius 19/11/2016 13:55

Tout-à-fait d'accord avec ton analyse! Quand on pense que les gros hêtres de le forêt communale de Veaugues (mon village) sont partis... en Chine! L'entrepreneur qui les a coupés m'a dit qu'il n'y avait plus personne en France pour en faire des meubles; triste!

lemenuisiart 19/11/2016 14:35

Non quand même pas, même si .... Le problème c'est que personne ne connaît plus personne et qu'une entreprise ne connaît pas les autres. Alors rien ne va et tous les autres pays profitent de ce n'importe quoi en France, la Chine sait très bien y faire, et nous on leur offre sur un plateau le marché, et encore mieux les bénéfices du marché.